Chaudière basse température ou condensation : comment choisir ?

Qui ne s'est pas posé cette question lors du remplacement de sa chaudière, à savoir : « Dois-je faire installer une chaudière basse température ou une chaudière à condensation ? » Afin de répondre sereinement à cette question, il semble utile de rappeler certains points techniques fondamentaux.

Même si les fabricants ont cherché à donner aux deux types de chaudière la même apparence extérieure en terme de dimensions ou d’esthétisme, ces deux modèles de chaudière possèdent bien une conception totalement différente, il suffit pour cela dans un premier temps d’ouvrir le capot avant d’une chaudière basse température et de la comparer avec une chaudière à condensation, les deux chaudières étant produites sous la même marque et donc par le même fabricant.
Dans un souci de simplicité, nous n’aborderons ici que le cas des chaudières murales.

Chaudière basse température

  • L’échangeur primaire ou corps de chauffe est en cuivre recouvert d’un alliage à base d’aluminium et de silicone, il résiste très bien à la température élevée des fumées. Par contre, il est très sensible à l’acidité des condensats. Il est constitué d’une ou de deux nappes de tube en cuivre sur lesquelles sont fixées des ailettes on parle d’échangeur tubulaire.
  • La vanne gaz ou bloc gaz amène le combustible à la rampe sous l’effet de la pression du gaz desservie au compteur.
  • Le brûleur est atmosphérique, il est composé d’une série de becs comprenant plusieurs groupes d’orifices qui sont alimentés par une nourrice constituée d’un ensemble d’injecteurs.
  • La température des fumées ou gaz brûlés ne doit pas descendre en dessous de 55 °C. En effet le point de rosé du gaz naturel est compris entre 50 et 55 °C en fonction de l’excès d’air : plus celui-ci est élevé et plus la température de condensation est basse. En dessous de 50 °C, la vapeur d’eau contenue dans les fumées se transforme en condensats acides qui attaquent le primaire en cuivre de la chaudière et le perce. Il est donc nécessaire de maintenir une chaudière basse température à une certaine puissance afin de ne pas faire baisser de trop la température des fumées. Concrètement, une chaudière basse température devra travailler avec un départ d’eau dans les radiateurs pas en dessous de 55 °C, et même pour une question de sécurité il est préférable de maintenir le départ au minimum à 60 °C.

Il faut préciser qu’à l’origine, les chaudières avaient un départ d’eau chaude vers les radiateurs de 90 °C. Ensuite avec l’amélioration des techniques, le départ d’eau chaude est descendu à 80 puis à 70 ° C. Il est actuellement de 60 °C. Voilà pourquoi on a appelé ces chaudières des « basses températures ». Il faut bien comprendre que plus la température de l’eau de départ chaudière est basse, plus le rendement est élevé, il y a moins de consommation de gaz pour produire la même quantité de chaleur.

La chaudière à condensation ou « très basse température »

  • L’échangeur primaire est un condenseur en inox 316 L ou en inox 904 L. Il est constitué de deux étages séparés par un déflecteur qui va assurer la condensation des fumées, c'est-à-dire leur passage de l’état gazeux à l’état liquide. Certains fabricants utilisent des échangeurs en fonte d’aluminium (Aluminium + Silicium) moins cher que l’inox. L’échangeur primaire est surdimensionné et constitué de telle manière qu’il est totalement insensible à l’attaque acide des condensats.
  • La vanne gaz est dite à air soufflé ; en effet, elle est asservie à un ventilateur qui va apporter par aspiration mécanique le mélange air comburant et gaz combustible au brûleur.
  • Le brûleur est surfacique ou cylindrique à pré mélange total, la flamme ainsi obtenue est bleue et courte.
  • La température des fumées descends bien en dessous des 55 ° C grâce à la conception judicieuse du primaire ou corps de chauffe, le point de rosé est atteint et il y a donc formation de condensats acides qui seront évacués dans une boîte à condensats intégrée à la chaudière. Etant donné que la chaudière peut travailler à des températures très basse elle peut ainsi envoyer dans les radiateurs de l’eau à 30 ou 35 °C.

Attention ! Il faut bien comprendre que plus la température de l’eau chaude qui traverse les radiateurs est basse, plus la surface de ceux-ci doit être grande afin de conserver aux radiateurs leur puissance de chauffe initiale. En effet, les pièces qui composent le logement n’ont pas diminuées suite au remplacement de la chaudière et même si l’isolation s’est améliorée, il reste quand-même nécessaire d’apporter des puissances importantes aux logements anciens. A défaut, la puissance des radiateurs diminuera de manière telle qu’il sera impossible de chauffer le logement correctement. Les fabricants ayant conscience de ce problème, et afin de ne pas rencontrer à nouveaux les difficultés qui leur ont fait abandonner la condensation dans les années 1980, ils ont conçu un brûleur et ils ont intégré à leur chaudière un calculateur qui va permettre à la chaudière à condensation de fonctionner avec des départs d’eau chaude élevés 60, 70, voire même 80 °C. Cependant, étant donné que l’on s’éloignera du point de rosé au fur et à mesure que la température augmentera, la chaudière ne condensera plus ou très peu et le rendement s’approchera de celui d’une chaudière basse température. En un mot, le client qui aura investit plus d’argent dans une technologie au départ très efficace, celle de la condensation, aura lui comme l’installateur tout à fait l’impression que la chaudière fonctionne normalement alors qu’elle fonctionne en réalité avec un rendement proche de celui d’une basse température, le coût de fonctionnement économique annoncé au départ n’est pas au rendez-vous car l’installation n’est pas adaptée, la chaudière fonctionne mais ne condense pas, pour le prix et avec une technologie condensation on se retrouve avec une technologie basse température améliorée. Et c’est bien cette nuance qui pose le problème de la mise en place justifiée ou non d’une chaudière à condensation certes performante mais qui se révèle nettement plus coûteuse que prévue dès qu’elle est raccordée à l’installation.

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